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Ce
site est enregistré à la CNIL sous le n° de dossier : 750366 |

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La
maladie expliquée autrement grâce à vos témoignages
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Toutes
les associations et organismes oeuvrant pour une meilleure diffusion de
l'information peuvent disposer gratuitement d'une page dans le site Legionellose.com
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Codina,
Huiles Cosmétiques Naturelles
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Annexes 6 à la circulaire DGS N° 97/311
du 24 avril 1997
Guide d'investigation d'un ou plusieurs cas de légionellose.
Rapporteurs
: B. Hubert, A. Infuso, M. Ledrans (Réseau National de Santé Publique)
Groupe de travail : Direction générale de la Santé : I. Capek,
J. Carmès, C. Gobet Laboratoire d'Hygiène de la Ville de Paris : S. Dubrou
Réseau National de Santé Publique : J.C. Desenclos CNR des Legionella
: J. Etienne
Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France : E. Bouvet, J.
Lesne Document approuvé par la Section des Eaux et la Section Prophylaxie
des Maladies Transmissibles du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de
France.
| Guide pratique
qui a pour objet de faire le point sur les connaissances actuelles
(en 1996) sur les légionelloses et de préciser la conduite à tenir
autour de chaque cas de légionellose pour améliorer la prévention
de cette maladie. Il est destiné aux médecins inspecteurs de santé
publique, aux ingénieurs du génie sanitaire et aux comités de lutte
contre les infections nosocomiales (CLIN). |
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RAPPEL SUR LA MALADIE
Agent
infectieux
Les légionelloses sont des infections provoquées par des
bactéries du genre Legionella (comprenant 39 espèces et
plus de 50 sérogroupes).
Legionella est un bacille Gram négatif, cultivable sur milieu spécifique
BCYEa.
Legionella pneumophila sérogroupe 1 (Lp1) est le plus fréquemment
retrouvé en pathologie humaine (plus de 80%), suivi du sérogroupe
6. D'autres espèces (L. micdadei, L. bozemanii, L. longbeachae,
etc..) ont été isolées, principalement chez des personnes
immunodéprimées.
DIAGNOSTIC
Diagnostic clinique
On distingue deux tableaux cliniques distincts : la maladie des légionnaires
et la fièvre de Pontiac. Ces deux affections sont initialement
caractérisées par une asthénie, une fièvre
élevée (40°C), des myalgies et des céphalées.
Maladie des légionnaires
: on observe habituellement une toux initiale non productive, puis
ramenant une expectoration mucoïde, parfois hémoptoïque.
L'examen clinique, pauvre, contraste avec la radiographie pulmonaire
qui montre des infiltrats mal limités, hétérogènes,
s'étendant progressivement dans les deux champs pulmonaires.
Ce tableau clinique n'est pas observé de façon systématique.
L'infection peut entraîner une insuffisance respiratoire. La
létalité peut atteindre 40% chez les malades hospitalisés,
et plus chez les immunodéprimés.
Fièvre de Pontiac :
elle a une allure de syndrome grippal, ne s'accompagne pas de pneumonie
et ne met pas le pronostic vital en jeu. La guérison est habituellement
spontanée en 2 à 5 jours. En raison du caractère
bénin de la fièvre de Pontiac et la rareté de
son diagnostic, dans la suite de ce document, le terme "légionellose"
correspondra à la maladie des légionnaires.
Diagnostic biologique
Dans la mesure où les résultats des diagnostics de laboratoire
sont un élément essentiel de la définition d'un cas
de légionellose pour la surveillance, il est important de connaître
les différentes méthodes et leur valeur diagnostique (tabl.
1) :
- recherche de Legionella par culture
de sécrétions bronchiques sur milieu spécifique
BCYEa. C'est l'examen de référence qui devrait être
réalisé de façon systématique. Le résultat
est disponible en 3 jours. L'hémoculture, si elle est sub-cultivée
sur milieu BCYE, peut identifier des Legionella dans 10 à 30%
des cas.
- immunofluorescence directe (spécifique
de L. pneumophila 1) dans les sécrétions bronchiques
(lavage broncho-alvéolaire, brossage) ou sur parenchyme pulmonaire
après biopsie.
- détection d'antigènes
solubles de L. pneumophila dans les urines (par une méthode
RIA ou EIA actuellement spécifiques pour le sérogroupe
1). Cette méthode rapide (réalisation en moins de 24
heures) permet un diagnostic précoce dès le début
des signes et tardif (jusqu'à 2 mois) même après
un traitement antibiotique adapté. Elle a une meilleure sensibilité
que l'IFD et la sérologie et surtout une bonne spécificité.
Elle ne devrait pas se substituer à la culture mais représente
une bonne alternative à la sérologie en améliorant
les valeurs prédictives des résultats et en réduisant
les délais de confirmation.
- sérologie : augmentation
significative (x4) des titres d'anticorps
mesurés par immunofluorescence indirecte dans deux sérums
(2 à 5 ml sur tube sec) prélevés, le premier
dès les premiers jours de la maladie, le second après
3 à 6 semaines d'évolution. Seule la sérologie
de Lp1 est reconnue au niveau international. La spécificité
d'un titre élevé isolé est médiocre, entraînant
en pratique courante une très mauvaise valeur prédictive
positive qui ne s'améliore que lorsque l'incidence
augmente (situations épidémiques).
- détection par amplification
génomique (PCR) : cette méthode de détection
rapide est encore au stade de développement et n'est pas actuellement
utilisée en routine.
Tableau 1 : Sensibilité et spécificité des méthodes
diagnostiques de la légionellose (d'après Edelstein 1993)
| Méthodes |
Sensibilité (%) |
Spécificité (%) |
Culture (sur milieu BCYEa)
Sécrétions bronchiques ou lavage broncho-alvéolaire
biopsie
pulmonaire
Sang |
80-90
90-99
10-30 |
100
100
100 |
Détection d'antigène
de Lp1 dans les urines
Immunofluorescence directe (Lp1)
Biopsie pulmonaire
Sécrétions bronchiques ou lavage broncho-alvéolaire |
80-90
80-90
25-75 |
99
99
95-99 |
Sérologie
Augmentation du titre
Titre unique élevé |
75
inconnue |
95-99
50-70 |
EPIDEMIOLOGIE
Fréquence
- La proportion des légionelloses parmi les pneumopathies communautaires
varie de 0,5 à 5%.
- La prévalence
des anticorps
contre L. pneumophila sérogroupe 1 (titre > 256) varie de 1
à 16% dans la population adulte en bonne santé, selon les
estimations réalisées.
- Le nombre de cas diagnostiqués en France en 1995 a été
évalué à 530 cas, soit une incidence de 0,9/100 000.
Le nombre réel de cas de légionellose est estimé
à 2 000 à 3 000 cas annuels.
- Le taux d'attaque (nombre de malades / nombre de personnes exposées)
est plus faible dans les épidémies de maladie des légionnaires
(0,1 à 5%) que de fièvre de Pontiac (95%).
Réservoir
Le réservoir est principalement hydrique (bactérie trouvée
à l'état naturel dans les lacs, rivières...). Legionella
peut avoir un développement intracellulaire chez les protozoaires,
et peut être véhiculée par des kystes d'amibes libres.
Les sources de contamination incriminées dans les épidémies
sont le plus souvent des installations provoquant une multiplication de
Legionella dans l'eau (température optimale : 37°C) et une
aérosolisation :
- circuits de distribution d'eau chaude
sanitaire alimentant des douches.
- systèmes de climatisation et tours aéro-réfrigérantes.
- bassins utilisés pour la détente, la balnéothérapie
ou le thermalisme dans lesquels l'eau est chaude (> 30°) et
agitée (bains à remous, bains à jet,...).
- équipements médicaux pour traitements respiratoires
par aérosols.
- eaux thermales.
- fontaines décoratives.
Parmi
toutes ces sources, les circuits d'eau chaude sanitaire représentent
la cause la plus fréquente d'infection.
Transmission
- Transmission aérienne par inhalation d'eau contaminée
diffusée en aérosol (douches, vapeur,...).
- Pas de transmission interhumaine rapportée.
- D'autres modes de transmission sont possibles (ingestion) mais n'ont
pas été prouvés.
Incubation
La durée d'incubation varie selon la forme clinique de la maladie
:
- maladie des légionnaires
: 2 à 10 jours (habituellement 5 à 6 jours).
- fièvre de Pontiac : 5 heures à 3 jours (habituellement
24 à 48 heures).
Facteurs de risque individuels
Les facteurs de risque de développer une légionellose sont
les suivants :
- Age croissant.
- Sexe masculin (sexe-ratio M/F = 2,5).
- Tabagisme, alcoolisme.
- Immuno-dépression, cancer, diabète, corticothérapie.
- Affections respiratoires chroniques.
SURVEILLANCE DE LA LEGIONELLOSE EN FRANCE
La surveillance de la légionellose en France repose sur plusieurs
systèmes complémentaires représentés sur le schéma suivant :

Déclaration obligatoire
(DO)
La déclaration obligatoire, instituée en 1987, a pour objectif
de suivre l'évolution de l'incidence,
de détecter les cas groupés et d'orienter les mesures de
prévention. La déclaration se fait aux médecins inspecteurs
de Santé Publique des DDASS. Depuis le début de l'année
1996, ce système est coordonné au niveau national par le
Réseau National de Santé Publique. La performance de ce
système est très médiocre, tant au niveau du taux
de déclaration (estimé à 10% en 1995) que de la qualité
des informations recueillies. Des mesures d'amélioration de ce
système ont été prises en 1997 (nouvelle définition
de cas, nouvelle fiche de déclaration, amélioration du signalement
des cas, diversification des sources d'information).
Centre National de Référence
(CNR)
Le CNR des Legionella nommé
par le ministre chargé de la Santé, a des missions d'expertise
biologique, d'entretien d'une collection bactérienne et d'une
sérothèque, de fourniture d'antigènes de référence
et de contribution à la surveillance épidémiologique.
A ce titre, il reçoit des souches et des sérums accompagnés
d'informations sur les cas ayant eu un diagnostic de laboratoire. Le
CNR assure également une expertise pour les souches isolées
dans l'environnement. Ainsi, dans le cadre d'investigation de cas groupés,
le CNR peut comparer, par des méthodes de typage moléculaire,
les souches isolées chez les malades et dans l'environnement.
Comités de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN)
Ces comités sont chargés
dans chaque établissement hospitalier de la surveillance et la
prévention des infections nosocomiales. Lors de l'investigation
de phénomènes épidémiques, les CLIN peuvent
demander l'aide méthodologique des centres de coordination interrégionaux
(CCLIN).
Réseau européen de surveillance des légionelloses
acquises lors des voyages
A ces systèmes, s'ajoute un réseau européen de
surveillance des légionelloses acquises lors des voyages (European
Working Group for Legionella Infections, EWGLI). La France participe
à ce réseau et, à ce titre, fournit et reçoit
des informations sur les cas de légionellose acquise lors de
voyages en France ou à l'étranger.
DEFINITIONS
DE CAS
Cas de légionellose
Signes cliniques et/ou radiologiques de pneumopathie accompagnés
de l'un des signes biologiques suivants:
Cas confirmé
- identification de Legionella
par culture ou par immunofluorescence directe dans un prélèvement
clinique ;
- présence d'antigènes solubles de Legionella dans les
urines ;
- augmentation des titres d'anticorps de 4 fois (soit 2 dilutions) avec
un deuxième titre minimum de 128.
Cas possible
Titre unique élevé
> 256, quelle que soit l'espèce.
Cas groupés de légionellose
Cas groupés : au moins 2 cas, survenus dans un intervalle
de temps inférieur à 6 mois, chez des personnes ayant fréquenté
un même lieu. Au moins un de ces cas doit être confirmé.
Si l'intervalle de temps entre les cas est supérieur à
6 mois, on parlera de cas liés qui ont une importance épidémiologique
moindre que les cas groupés.
Légionellose nosocomiale
- L'origine nosocomiale peut être considérée comme
certaine si le malade a séjourné dans un établissement
pendant les 10 jours précédant le début des signes
cliniques.
- L'origine nosocomiale peut être considérée comme
probable si le malade a séjourné dans un établissement
pendant au moins 1 jour dans les 10 jours précédant le début
des signes cliniques.
INVESTIGATION
D'UN CAS ISOLE DE LEGIONELLOSE
Les objectifs de cette investigation sont de confirmer le diagnostic,
d'identifier les lieux fréquentés par le malade qui constituent une source
potentielle d'infection (lieux "à risque"), de rechercher d'autres cas
dans l'entourage et de prendre des mesures systématiques de prévention
(figure 1). En dehors du cas particulier des légionelloses d'origine nosocomiale
ou survenus lors d'une cure thermale, l'enquête autour d'un cas isolé
ne devrait pas donner lieu à des prélèvements environnementaux systématiques,
en raison du médiocre rapport coût-efficacité de cette démarche.
Figure 1 : Démarche d'investigation d'un cas isolé de légionellose.
Confirmation du diagnostic
La première étape doit vérifier la confirmation du
diagnostic de légionellose (cf. définition §"cas
de légionellose"). Pour les cas considérés comme
possibles (c.a.d. n'ayant pas une augmentation significative des anticorps),
il est nécessaire de s'assurer que l'intervalle entre les deux
prélèvements sanguins est au moins égal à
3 semaines (optimum : 6 semaines). Si cet intervalle est plus court, il
est souhaitable d'obtenir une nouvelle sérologie pour augmenter
les chances de mettre en évidence une séroconversion. Pour
des cas récents, une confirmation rapide peut être obtenue
par la recherche d'antigène urinaire.
Identification des expositions
à risque
Il est nécessaire d'obtenir une description précise
des lieux et dates de séjour du malade pendant les 10 jours
précédant le début des signes cliniques. Cette
étape doit permettre de déterminer si la légionellose
est d'origine nosocomiale ou communautaire (cf. définitions
de cas § "légionellose nosocomiale" plus haut).
Dans ce dernier cas, il est important de rechercher la fréquentation
de lieux "à risque" (autre établissement de
soins, station thermale, hôtel, piscine, bains à remous,...)
et la notion d'un voyage récent en France ou à l'étranger.
Légionellose nosocomiale
Les légionelloses d'origine nosocomiale doivent faire l'objet
d'une enquête par le Comité de Lutte contre les Infections
Nosocomiales (CLIN), si besoin en liaison avec le centre coordinateur
régional (CCLIN). Comme précédemment, on recherchera
d'autres cas de légionellose confirmés ou possibles.
Même si le cas est isolé, une étude environnementale
est indispensable :
- Rechercher une exposition à des soins "à risque"
(humidificateurs d'oxygénothérapie, aérosols,...).
- Vérifier la maintenance des réseaux d'eau chaude sanitaire
et des éventuelles tours aéro-réfrigérantes
avec l'ingénieur hospitalier.
- Surveiller la contamination microbiologique du circuit d'eau chaude
sanitaire desservant le service concerné.
- Comparer les souches isolées chez le malade et dans l'environnement
(avec des techniques de typage disponibles au CNR).
Un rapport de l'enquête devra être adressé à
la DDASS pour compléter les données de déclaration
obligatoire.
Légionellose "communautaire"
Recherche d'autres cas de légionellose confirmés ou
possibles parmi les personnes ayant fréquenté le même
lieu au sein des collectivités identifiées plus haut.
En fonction de l'exposition "à risque", et donc de
la collectivité concernée, cette recherche sera plus
ou moins facile. L'identification d'autres cas entraîne une
investigation plus approfondie (cf. § "Investigation épidémiologique
de cas groupés").
La survenue d'un cas isolé de légionellose, même
s'il ne peut être attribué avec précision à
une source de contamination, devrait faire l'objet de recommandations
systématiques de prévention. Il est donc nécessaire
pour chaque cas de recenser les expositions potentielles. En fonction
du contexte, la réponse sera adaptée :
- cure thermale : l'enquête environnementale doit être
systématique avec un renforcement du contrôle analytique
des eaux thermales de la station fréquentée. Il est
également nécessaire de s'assurer que la source d'infection
n'est pas extérieure à l'établissement (hôtel
par exemple).
- milieu de travail : vérification de la maintenance des éventuelles
tours aéro-réfrigérantes et des systèmes
de climatisation. Enquête sur l'utilisation du réseau
d'eau chaude sanitaire (douches) et vérification de la maintenance
des installations.
- hôtels, campings : cf. § ("cas particulier des légionelloses
acquises lors des voyages")
Cas particulier des légionelloses
acquises lors des voyages
Les cas survenus à la suite de voyage représentaient
environ 10% des cas français déclarés entre 1987
et 1995. Le signalement par EWGLI des cas survenus chez des étrangers
à la suite d'un séjour en France augmente la fréquence
de cette situation.
Il est fréquent de constater que les cas ont fréquenté
plusieurs hôtels au cours de leur voyage, ce qui multiplie les
sources potentielles d'infection ; il est donc important de se limiter
aux établissements fréquentés dans les 2 à
10 jours précédant le début des signes cliniques.
Dans ces établissements, on veillera à l'application
des "bonnes pratiques d'entretien d'un réseau d'eau chaude
sanitaire" (annexe III) et à la vérification de
la maintenance des éventuels tours aéro-réfrigérantes,
bains à remous, fontaines décoratives. Il n'est pas
souhaitable de rechercher des Legionella dans l'environnement.
haut
de page
INVESTIGATION
EPIDEMIOLOGIQUE DE CAS GROUPES
Cette investigation est la suite logique de l'étape précédente
lorsque deux ou plusieurs cas ont été identifiés.
Son objectif est d'identifier une source commune d'infection pour adapter
les mesures de prévention. L'étude épidémiologique
des cas groupés de légionellose est habituellement assez
complexe pour plusieurs raisons : cas relativement peu nombreux et fréquemment
espacés dans le temps, confirmation du diagnostic souvent incomplète,
multiplicité des expositions, difficultés à mesurer
l'intensité et la durée de ces expositions.
Etude descriptive
définir et identifier les cas : il est préférable
de se limiter aux cas confirmés ou possibles. Lorsque l'épidémie
est récente, les cas possibles (c.a.d. ayant uniquement un titre
élevé isolé) devraient faire l'objet d'une recherche
d'antigène urinaire.
Dans certaines circonstances, l'identification de cas de légionellose
peut être associée à une augmentation de cas de pneumopathie.
En milieu communautaire, une augmentation significative peut être
définie par une incidence
supérieure à 2/1000 personnes sur une période de
6 mois ; en milieu hospitalier, par une proportion des pneumopathies nosocomiales
supérieure à 1% des admissions. Dans ce cas, il est nécessaire
de :
- Eliminer une autre étiologie
(grippe par exemple).
- Réaliser une recherche d'antigène soluble urinaire chez
les cas récents (moins de 2 mois)
- Identifier les personnes ayant eu un prélèvement de
sérum (quel qu'en soit le motif) à la phase aiguë
de la maladie.
Obtenir le sérum correspondant (conservé normalement pendant
un an par les laboratoires).
Obtenir un nouveau prélèvement sanguin au moment de l'enquête
(plus de 3 semaines après le premier prélèvement).
Analyser les deux sérums dans le même laboratoire.
rechercher des dénominateurs de population dans la collectivité
afin de pouvoir calculer des taux d'incidence, en particulier par âge
et par sexe.
représenter graphiquement les distributions des cas dans
le temps et dans l'espace (cf. figures) .
formuler des hypothèses : afin d'examiner ce que les malades
peuvent avoir en commun, toutes leurs activités pendant les 10
jours précédant leur maladie doivent être relevées
méticuleusement (type de soins si cure thermale, n° de chambre
dans les hôtels,...). Ces hypothèses sur les sources d'infection
peuvent être très difficiles à formuler, notamment
lors de contamination en plein air par des tours aéro-réfrigérantes.

Représentation spatiale
de cas (plan du service hospitalier)

Etude analytique
Il ne suffit pas d'observer fréquemment un facteur d'exposition
chez les malades, encore faut-il qu'il soit moins fréquemment observé
chez les personnes non infectées pour pouvoir mettre ce facteur
en cause. On est donc amené à comparer les cas à
des témoins. Cette étape peut nécessiter une aide
méthodologique disponible, en fonction du contexte, dans les structures
suivantes : CCLIN, Cellules inter-régionales d'épidémiologie
(CIRE), RNSP.
sélection de témoins : les témoins doivent
avoir eu la possibilité d'être exposés à la
source de contamination et ne doivent pas avoir eu de signes cliniques
de pneumopathie.
hypothèses testées - questionnaire : le questionnaire
est identique pour les malades et les témoins ; il doit détailler
toute les hypothèses formulées et être suffisamment
précis sur les dates et durées d'exposition.
la comparaison des expositions entre les cas et les témoins
fait appel au calcul d'odds ratios et à des tests statistiques.
La puissance de ces tests risque d'être très limitée
lorsque le nombre de cas est faible.
ENQUETE
ENVIRONNEMENTALE
Elle doit comprendre une visite approfondie de l'établissement
au cours de laquelle des recherches de Legionella peuvent être réalisées.
Un canevas complet pour la réalisation d'une telle enquête
est présenté en annexe I et peut être adapté
suivant la taille de l'établissement.
Expertise des sources potentielles de contamination
Les éléments minimum à recueillir pour procéder
à un diagnostic du contexte environnemental sont les suivants :
Description de l'établissement et de son voisinage
Description du réseau d'eau chaude sanitaire
- plan des réseaux
- type de production : instantanée ou à accumulation
- traitement associé : adoucissement, filtration, filmogène..
- circuit de distribution : bouclage, ....
- qualité des matériaux
- relevé de la température de l'eau dans les ballons et
aux points d'usage
Réseau d'eau froide : vérifier que l'eau ne se réchauffe
pas lors du passage des canalisations dans les locaux surchauffés
Description des installations de conditionnement d'air
- Emplacement des prises d'air neuf
(rechercher la proximité de source de contamination)
- Centrale de traitement d'air
Systèmes d'humidification
: à ruissellement d'eau, à pulvérisation par
ultrasons, à vapeur
Batteries froides : vérifier l'absence d'eau stagnante et le
bon fonctionnement des siphons
- Conduites d'air : repérer
les risques de condensation
Tours aéroréfrigérantes du bâtiment
et du voisinage
Dispositif par évaporation à circuit ouvert : implantation
Divers
- Bains remous
- Fontaines réfrigérantes et machines à glace
- Equipements médicaux : noter l'origine de l'approvisionnement
en eau
- Dispositif d'humidification
- Fontaine décorative
Ceci permet de procéder à un diagnostic du contexte environnemental
et à une analyse des points critiques (points sensibles pouvant
constituer un risque de multiplication ou de diffusion de Legionella).
Dans le cas particulier du thermalisme, les recommandations de bonnes
pratiques sanitaires dans les établissements thermaux peuvent servir
de référence.
Recherche de Legionella
dans l'environnement
Lieux de prélèvement : Les Legionella sont très
fréquemment isolées dans l'environnement hydrique artificiel
; de plus, les analyses de prélèvements dans l'environnement
sont onéreuses. Il est donc important d'orienter ces prélèvements
en fonction des arguments épidémiologiques, de la structure
des réseaux d'eau et de l'identification des points critiques.
Les lieux de prélèvement à privilégier sont
les suivants :
- Réseau d'eau chaude
sanitaire
points de puisage d'eau chaude sanitaire
partie basse des ballons de stockage
- Réseau d'eau froide : si la température est anormalement
élevée > 25°C
- Installations de conditionnement d'air
condensats de batteries froides
fluides d'humidification
eau des siphons
- Tours aéro-réfrigérantes : eau de ruissellement
Divers : tout site susceptible de contenir de l'eau réchauffée
ou des dépôts humides.
Modalités de prélèvement : Un prélèvement
consiste à recueillir un litre d'eau dans un flacon stérile.
Lorsque l'eau prélevée est traitée par un biocide
oxydant, les flacons doivent contenir du thiosulfate de sodium à
0,50% afin de bloquer l'action germicide dans le flacon. Les conditions
de prélèvement en termes de localisation, de flambage des
éléments périphériques, d'enrichissement par
stagnation ou par écouvillonnage dépendent de la finalité
de la recherche et du dénombrement de Legionella. Plusieurs techniques
de prélèvement peuvent être réalisées
aux points d'usage :
* si la contamination au point
d'usage dans des conditions normales d'utilisation est recherchée,
le prélèvement sera fait sans flambage et en prenant le
premier jet de l'eau à température d'utilisation. Si la
situation la plus défavorable en terme de contamination est recherchée,
un prélèvement peut être fait après stagnation
d'une nuit.
* si la contamination du réseau à l'amont du point d'usage
est recherchée, les points de prélèvement doivent
être flambés et le prélèvement effectué
après écoulement prolongé.
* l'incorporation au prélèvement des produits d'écouvillonnage
peut être intéressant pour étudier l'écologie
du point de prélèvement et est à recommander dans
le cadre de la surveillance de l'installation et l'évaluation
des mesures de lutte et de prévention. L'écouvillon doit
être introduit le plus profondément possible à l'intérieur
du robinet ou du pommeau de la douche et le prélèvement
doit être effectué par un geste circulaire répété
(environ 4 fois). L'écouvillon est ensuite cassé dans
le prélèvement d'eau correspondant.
Quelle que soit la technique adoptée, il est important d'en rechercher
la reproductibilité pour les prélèvements destinés
à comparer des contaminations dans l'espace ou dans le temps. C'est
pourquoi il est important d'établir des protocoles détaillés
pour les personnes chargées des prélèvements et de
remplir très soigneusement la fiche de prélèvement
pour chaque échantillon. Sur les fiches de prélèvements
doivent être indiqués : la nature de l'eau analysée
(eau chaude sanitaire, condensats,..) et les opérations subies
(traitements, mélange,..) ; l'identification du point de prélèvement
; la date et l'heure et les conditions du prélèvement.
Modalités de transport : les échantillons prélevés
doivent être transportés en glacière. Les prélèvements
sont acheminés au laboratoire en moins de 48 heures, avec un emballage
réfrigéré en période d'été.
En cas d'attente, conserver à +4°C avant l'envoi, surtout ne
pas congeler.
Laboratoires d'analyse : Parmi les laboratoires capables d'identifier
les légionelles, les laboratoires agréés au titre
du contrôle des eaux minérales naturelles ont fait l'objet
d'une intercalibration sur la détection des légionelles.
La recherche et la numération des Legionella dans l'eau
sont effectuées selon la norme AFNOR NT90-431 (novembre 1993).
Cette méthode normalisée permet l'obtention de résultats
homogènes avec une sensibilité (50 UFC/litre, UFC = unités
formant colonie) suffisante au regard du risque sanitaire. Pour la détermination
de la densité des légionelles, la norme analytique demande
que le filtrat soit récupéré dans 5 ml. Les caractéristiques
de certaines eaux (turbides...) rendent parfois nécessaires une
filtration en plusieurs étapes. La récupération ne
peut alors se faire que dans 10 ml et cette opération modifie le
seuil de détection qui passe à 100 UFC/litre. Les résultats
complets de recherche et de dénombrement sont en général
disponibles en 8 à 10 jours.
Seuils admissibles (eaux thermales, eaux chaudes sanitaires,...)
- Pour les réseaux de distribution d'eau chaude sanitaire il n'existe
aucun texte réglementaire fixant une densité maximale admissible
de Legionella. Il est reconnu qu'en dessous d'une densité de 103
UFC/litre, le risque d'apparition de cas de légionellose est très
faible. Cependant, ce risque varie en fonction de l'état immunitaire
des personnes exposées et de la densité et durée
d'exposition aux aérosols contaminés.
- Pour les eaux thermales,
la circulaire DGS/SD1D/92 n° 513 du 20 juillet 1992 relative à
la qualité des eaux minérales dans les établissements
thermaux a proposé de prendre 10² UFC/litre comme valeur
de référence non impérative au delà de laquelle
un suivi attentif de la situation doit être réalisé.
A partir de 103 UFC/litre, des mesures de lutte et de prévention
doivent être prises pour les usages et soins occasionnant la production
d'aérosols.
- Etant donné que ces seuils ont été fixés
en fonction du risque sanitaire, il est préférable que
les techniques de prélèvement puissent traduire la contamination
au point d'usage dans des conditions normales ou défavorables
d'utilisation.
L'interprétation des résultats devra se faire en
tenant compte de l'expertise préalable du réseau. Ces résultats
serviront également de référence pour évaluer
l'efficacité des mesures prises.
Conclusions
L'enquête environnementale devra toujours faire l'objet d'un rapport
écrit indiquant les principaux résultats de l'enquête
et les mesures envisagées de réduction du risque (fermeture,
restrictions d'activités ou d'usage d'eau, mise hors service de
locaux ou d'équipements, nettoyage, désinfection, protocoles
d'entretien et de surveillance).
Compte tenu des délais d'analyse pour la recherche des Legionella,
il sera souvent préférable de ne pas attendre les résultats
d'analyse pour formuler les premières recommandations de lutte
et de prévention si les éléments fournis par les
enquêtes épidémiologique et environnementale suffisent
pour les définir.
COMPARAISONS
DE SOUCHES CLINIQUES ET ENVIRONNEMENTALES
La comparaison des souches isolées chez les malades avec des souches
isolées dans l'environnement par des techniques de typage moléculaire
peut servir à confirmer la source de contamination. Cependant,
prise isolément sans argument épidémiologique, l'identité
des souches n'est pas suffisante pour établir une relation causale.
MESURES DE LUTTE ET DE PREVENTION
Les mesures immédiates sont des mesures de désinfection
massive visant à faire disparaître la contamination du milieu
par Legionella. Cependant, ces mesures ponctuelles ne sont pas suffisantes
car elles ne permettent qu'une éradication provisoire suivie d'une
rapide recolonisation. Elles doivent donc être complétées
par des mesures de prévention au long cours permettant une réduction
durable de la flore.
Réseaux d'eau chaude sanitaire
La désinfection des réseaux de distribution d'eau nécessite
tout d'abord, une expertise de l'état des canalisations et de la
structure du réseau afin de déterminer sa tolérance
aux opérations de désinfection. Les mesures de désinfection
sont décrites dans l'annexe II.
Les systèmes de climatisation et les tours aéro-réfrigérantes
Les mesures de lutte et de prévention dépendent du type
de système mis en cause à l'occasion de l'enquête
environnementale. Les premières mesures de lutte consistent essentiellement
en une vidange des circuits ou zones de récupération des
condensats, au nettoyage et à la désinfection des installations.
L'annexe IV décrit plus précisément les mesures qui
peuvent être préconisées suivant le type d'équipement.
Bains à remous, bassins à jets
Les mesures de lutte et de prévention dépendent du type
de bassin en cause dans la contamination. L'annexe V décrit plus
précisément les mesures qui peuvent être préconisées.
Dispositifs médicaux de traitement respiratoire
- Utilisation de matériel à
usage unique ou à défaut, nettoyage, désinfection,
puis stérilisation entre chaque utilisation.
- Dans les équipements de traitement respiratoires, utilisation
uniquement d'eau stérile à la fois pour le rinçage
et pour le remplissage.
- Proscrire les remises à niveau de liquide dans les réservoirs
de nébuliseurs. Surveillance épidémiologique
et environnementale.
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de page
SURVEILLANCE
EPIDEMIOLOGIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
Surveillance épidémiologique
Elle comprend une information coordonnée des responsables, des
utilisateurs (comités d'hygiène et de sécurité)
et du corps médical. Les médecins devront être sensibilisés
aux examens à pratiquer devant une pneumopathie.
Surveillance environnementale
La preuve de la résolution du problème n'est généralement
apportée que si le contrôle analytique montre que les résultats
sont satisfaisants et qu'une solution technique permanente et reconnue
comme appropriée est apportée. Dans le cas contraire, le
maintien d'une surveillance renforcée sera nécessaire. En
ce qui concerne les établissements thermaux, on pourra se reporter
aux recommandations de bonnes pratiques sanitaires. Pour les autres collectivités,
un programme de surveillance est mis en place par l'autorité sanitaire
(DDASS, SCHS) en fonction des caractéristiques et des points critiques
de l'établissement. Par exemple, dans le cas d'un fonctionnement
saisonnier, un contrôle sanitaire incluant des analyses peut être
programmé au moment de l'ouverture (après les opérations
d'entretien et de remise en état).
ADRESSES
UTILES
Direction Générale de la Santé, bureau VS2
et VS4
1, place Fontenoy 75350 PARIS 07 SP
Téléphone : 01 40 56 40 35 Télécopie : 01
40 56 50 56
e-mail : lepoutre@b3e.jussieu.fr
Réseau National de Santé Publique
14, rue du Val d'Osne 94415 SAINT MAURICE Cedex
Téléphone : 01 43 96 66 20 Télécopie : 01
43 96 65 02
e-mail : umi@b3e.jussieu.fr
Centre National de Référence des Legionella
Pr. J. Etienne
Laboratoire Central de Microbiologie
Hôpital Edouard Herriot
Place d'Arsonval
69437 LYON Cedex 03
Téléphone : 04 72 11 07 62 Télécopie : 04
72 11 07 64
e-mail : hehbac@laennec.univ-lyon1.fr
La liste des laboratoires agréés par le ministère
de la Santé, au titre du contrôle des eaux minérales
naturelles, est disponible au bureau VS4 de la Direction Générale
de la Santé.
REFERENCES
Diagnostic - Epidémiologie
1. Benenson AS. Control of communicable diseases manual. APHA Eds, Washington
DC1995.
2. Edelstein PH. Legionnaires' disease. Clin. Infect. Dis. 1993;16:741-9.
3. Plouffe JF, File TM, Breiman RF et al. Reevaluation of the definition
of Legionnaires' disease : use of the urinary antigen assay. Clin. Infect.
Dis. 1995;20:1286-91.
4. Réseau National de Santé Publique et CNR des Legionella.
Légionelloses en France en 1995 : diagnostic microbiologique et
surveillance épidémiologique. RNSP, Saint Maurice, France,
Décembre 1996.
Investigation - Prévention
1. Saunders CJ, Joseph CA, Watson JM. Investigating a single case of legionnaires'
disease : guidance for consultant in communicable disease control. CDR
1994;4:R112-4.
2. OMS. Epidemiology, prevention and control of legionellosis : memorandum
from a WHO meeting. Bull. OMS 1990;68:155-64.
3. Centers for Disease Control and Prevention. Guidelines for prevention
of nosocomial pneumonia. MMWR 1997;46(No. RR-1).
4. Direction Générale de la Santé. Recommandations
de bonnes pratiques sanitaires dans les établissements thermaux.
Eds ADHEB. 1995 (ISBN 2-906318-26-4).
Mise
à jour juillet 2001- Révision 1-
copyright IRH Environnement et Jean-Louis ROUBATY 2001
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