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La
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Codina,
Huiles Cosmétiques Naturelles
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Chlore eau de javel
Introduction
Il s'agit, et de très loin , de la technique la plus utilisée
en France et dans le monde.
Toutefois il y a plus d'échecs et de problèmes que de succès
avec la chloration.
Ceci est causé par:
- la faible stabilité de l'eau de javel dans le temps. De nombreuses
impuretés, la lumière, la chaleur, décomposent l'eau
de javel,
- les formes ioniques (et non ioniques) de l'eau de javel dans l'eau.
Sous le nom de chlore libre l'on associe un ion OCl- et l'acide hypochloreux.
Selon le pH de l'eau l'on aura plus ou moins d'acide hypochloreux, beaucoup
plus actif en désinfection. Demander 2 à 3 mg/l de chlore
libre dans un réseau d'eau chaude sanitaire, sans imposer un minimum
d'acide hypochloreux ne peut conduire qu'à des échecs dans
certains cas. Ceci est expliqué plus loin dans la page. De même,
l'équilibre entre les 2 formes dépend de la température
de l'eau. Demander en même temps de chlorer l'eau à 2-3 mg/
en chlore libre (quelle forme !!) et de chauffer l'eau complique la situation.
- la grande corrosivité de l'eau de javel. L'eau de javel corrode
fortement. Cette corrosion est accentuée par:
- l'adoucissement partiel de
l'eau. Chlorer une eau qui est passée sur un adoucisseur ne peut
que conduire à une catastrophe en terme de corrosion, non seulement
sur l'acier mais aussi l'acier galvanisé, voire le cuivre,
- le chauffage de l'eau. La cinétique de la corrosion dépend
de la température et ceci est d'autant plus vrai en présence
de chlore. Si en plus l'eau, au niveau de la peau des surfaces chaudes
dépasse 55 °C, la plupart des traitements
anticorrosion agréés par le CSTB (mélanges
de silicates, orthophosphates et polyphosphates) s'écroulent
dans le fonctionnement anticorrosion. Contrairement aux eaux
industrielles qui peuvent utiliser des polymères ou des phosphonates
pour stabiliser les inhibiteurs, ceci n'est pas possible dans l'eau
chaude sanitaire,
- les surdosages. A 20 voire 50 mg/l de chlore libre, lors d'un nettoyage,
l'on aura des dégâts majeurs dans les réseaux. Un
suivi des nettoyages avec des coupons de corrosion s'impose,
- le caractère alcalin de l'eau de javel qui peut conduire, au
point d'injection, à un entartrage,
- le dégazage du produit qui ne facilite pas son injection.
La forme active de l'eau
de javel
Ce n'est pas parce qu'elle est très utilisée qu'elle est
efficace tout le temps.
En effet, comme on le constatera plus loin, l'eau de javel n'est pas
stable et une eau de javel à 12 % peut très bien n'être
qu'à 7 % quelques semaines plus tard.
Par ailleurs, l'espèce chimique la plus active en désinfection
est la forme non ionisée HOCl.
L'eau chaude sanitaire (comme l'eau de refroidissement) étant naturellement
alcaline, et l'eau de javel étant fortement basique, l'on a souvent
un pH de l'eau chlorée, supérieur à 7,5.
La quantité réelle de l'espèce la plus active ne
dépasse souvent pas 50 % du chlore "libre" mesuré.
La formule de calcul est la suivante:
HOCl / (HOCl+OCl-) = 1/(1+(OCl-/HOCl))
= 1/(1+(Ki/H+))
Avec Ki la constante de
dissociation de HOCl calculé à partir de (H+) x (OCl-) /
(HOCl).
|
Table des constantes
d'ionisation d'HOCl
|
| Température (oC) |
0 |
5 |
10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
| Ki x 10-8 (moles/litre) |
1.488 |
1.753 |
2.032 |
2.320 |
2.621 |
2.898 |
3.175 |
A 20oC et pH 8, le % d'HOCl
est le suivant:
100 x [ 1 + (Ki / H+) ]-1 = 100 x [ 1 + (2.621 x 10-8 / 8) ]-1 = 100 /
3.61 = 27.65%
Ceci explique l'absence
d'efficacité rencontrée par les exploitants avec l'eau de
javel ou des écarts à résiduel de chlore libre identique.
Le tableau donne ainsi à diverses températures et pH l'évolution
de la concentration en HOCl
|
% HOCl
|
| pH \ °C |
0 |
5 |
10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
| 5.0 |
99.85 |
99.83 |
99.80 |
99.77 |
99.74 |
99.71 |
99.68 |
| 5.5 |
99.53 |
99.75 |
99.36 |
99.27 |
99.18 |
99.09 |
99.01 |
| 6.0 |
98.53 |
98.28 |
98.01 |
97.73 |
97.45 |
97.18 |
96.92 |
| 7.0 |
87.05 |
85.08 |
83.11 |
81.17 |
79.23 |
77.53 |
75.90 |
| 8.0 |
40.19 |
36.32 |
32.98 |
30.12 |
27.62 |
25.65 |
23.95 |
| 9.0 |
6.30 |
5.40 |
4.69 |
4.13 |
3.68 |
3.34 |
3.05 |
| 10.0 |
0.67 |
0.57 |
0.49 |
0.43 |
0.38 |
0.34 |
0.31 |
| 11.0 |
0.067 |
0.057 |
0.049 |
0.043 |
0.038 |
0.034 |
0.031 |
La courbe suivante montre
bien la dissociation de l'acide hypochloreux:
Pour des pseudomonas l'impact du pH de l'eau sur la cinétique de
disparition de ces bactéries est spectaculaire:
Pour passer de 106 à 102 pseudomonas, il faut en laboratoire.
3 mn à pH 7,0 et 1,13
mg/l de HOCl / OCl-
17 mn à pH 8 (1,13 mg/l) de HOCl/OCl-)
30 mn à pH 9,0 (1,07 mg/l de HOCl/OCl-).
Il est ainsi totalement illusoire de vouloir désinfecter une eau,
dans des conditions similaires de temps de séjour (âge de
l'eau ou temps de contact), avec une eau douce, peu tamponnée,
et une eau naturellement alcaline.
L'eau de javel, pour introduire 3 mg/l de chlore libre, va remonter spectaculairement
le pH.
L'eau de Javel à 48° Cl (eau de javel industrielle) contient
ainsi environ 12 % en poids de chlore et elle peut libérer 48 l
par litre de chlore.
En réalité la durée de vie du produit (période
durant laquelle 50 % du chlore se transforme en chlorure) dépend
de la température de la solution, du pH et de la concentration
en chlore.
Ainsi pour l'eau de javel concentrée (12 - 13 %) la conservation
au froid s'impose :
Le tableau ci-après donne la durée de demi-vie T½
en fonction de la température pour une eau de javel.
|
Températures
|
Durée
de demi-vie en j
|
20° C
30° C
40° C
50° C
60° C |
100
25
5
1
0,3 |
Une eau de Javel qui sort
de l'usine de production qui a une concentration de l'ordre de 12 % en
chlore aura peut être une concentration réelle de 8 % à
l'arrivée dans votre établissement.

Si vous stockez les bidons d'eau de javel à la chaufferie, vous
allez peut être utiliser un produit 5 fois moins concentré
que ce que vous pensez.
Si vous ne pilotez pas votre système d'injection avec une mesure
en continu du chlore ou du potentiel redox, la désinfection ne
se fera pas.
La dilution augmente la stabilité de l'eau de javel.
|
DUREE de DEMI
VIE en JOUR
|
|
Température
|
Selon la concentration
|
|
9 %
|
5 %
|
2,5 %
|
20° C
30° C
40° C
50° C
60° C |
500
200
50
10
0,3 |
-
-
150
40
4 |
-
-
300
100
30 |
Pour augmenter la stabilité, l'eau de javel contient souvent de
la soude caustique en excès (pH > 11).
Chaque fois que l'on ajoute
1 ppm de NaClO l'on ajoute indirectement 1 ppm de TAC et le pH monte.
Pour des eaux naturelles avec un pH initial faible, l'addition d'eau de
javel peut l'augmenter de manière significative et favorise la
forme OCl- au lieu de la forme HOCl.
Pour les eaux naturellement alcalines, l'incidence devient négligeable
sauf au moment des phases de nettoyage.
Localement, au point d'injection, le risque d'entartrage est majeur avec
formation, en pH alcalin, de carbonate de calcium.
Le tableau reprenant les avantages et les inconvénients de l'eau
de javel est donné ci-après :
|
Avantages
|
Inconvénients
|
Prix
Simplicité d'utilisation
Produit liquide
Bonne efficacité |
Stabilité
Entartrage des lignes d'injection
Performances en pH alcalin
Caractère oxydant
Caractère corrosif (acier, inox, cuivre) |
Ce produit fait partie
des solutions recommandées par le DGS pour la désinfection
des réseaux.
Ainsi dans l'annexe 2 de la circulaire 37/311 du 24 avril 1997 une des
désinfections suggérées consiste à ajouter
15 mg / l de chlore libre et laisser agir 24 heures (ou utiliser 50 mg/l
de chlore libre pendant 12 heures).
Les sociétés de traitement d'eau qui fournissent les équipements
de chloration livrent le plus souvent une eau de javel modifiée.
Cette modification peut réduire le caractère entartrant
du produit. Il est ainsi ajouté dans l'eau de javel de petites
quantités de polyphosphate. Cette molécule réduit
ainsi le risque d'entartrage au niveau du point d'injection.
En général, malgré cet ajout, ce produit reste compatible
avec les exigences de l'eau chaude sanitaire.
Il est aussi possible de stabiliser l'eau de javel en rajoutant certaines
molécules (acide sulfamique, hydantoïne, surfactant, argiles
genre bentonite
) . L'eau de javel dans ce cas n'est plus compatible
avec l'ECS.
Remarque :l'eau de javel est un produit industriel et les analyses
des impuretés (métaux lourds,
) sont rarement pratiquées
ou demandées dans les prescriptions d'achat.
Il est donc important de connaître de son fournisseur, pour l'utilisation
en ECS les impuretés et l' " alimentarité " du
produit.
Autres produits
L'on trouve dans le commerce :
L'hypochlorite de calcium (sel de calcium de l'acide hypochloreux). Ce
solide présente dans notre cas peu d'intérêt car sa
mise en uvre est complexe (solution à préparer, entartrage
au niveau du pont d'injection,
Les isocyanurates (dichloro et trichloro qui libèrent de l'acide
hypochloreux). Ces produits correspondent plus aux besoins des eaux industrielles.
L'acide isocyanurique libéré stabilise l'acide hypochloreux,
des composés de l'hydantoïne et du chlore (souvent associé
au brome avec les chloro-bromo-hydantoïne). Ces produits sont strictement
réservés aux eaux industrielles.
Pour conclure
l'eau de javel est le meilleur choix dans les produits chlorés
pour l'eau chaude sanitaire. Avec les eaux industrielles cette molécule
sera, si l'on souhaite utiliser ce désinfectant, associée
à d'autres produits (bromure, stabilisants..)
L'eau de javel pose de nombreux problèmes d'exploitation et les
résultats sont souvent médiocres:
- problèmes d'injection.
Ce produit dégaze et les pompes doseuses désamorcent. Vous
devez utiliser un matériel d'injection d'un fabricant reconnu comme
spécialiste dans l'injection d'eau de javel,
- problèmes de régulation.
La mesure du chlore libre en continu n'est pas simple. Que mesurer? Le
potentiel redox, le chlore avec une sonde ampérométrique?
Vous devez là aussi travailler étroitement avec un bureau
d'étude spécialisé, en utilisant un matériel
reconnu,
- problèmes d'étalonnage de la chaîne de mesure.
Vous devez contrôler régulièrement votre sonde et
la valeur lue, en utilisant un système de dosage colorimétrique
avec des pastilles dites DPD. La fréquence du contrôle sera
déterminée par votre bureau d'études lors de l'audit.
Elle est en moyenne de 8 jours,
- problème de dosage. Quel dosage employer?
2 mg/l de chlore libre?
3 mg/l de chlore libre?
la réponse n'est pas simple et elle explique souvent pourquoi malgré
un résiduel de chlore libre l'on observe encore des légionelles.
La régulation joue un grand rôle et vous devez utiliser un
très bon équipement.
Faites vous aussi aider. L'eau de javel n'est malheureusement pas la solution
miracle.
- problème d'entartrage au point d'injection?
C'est un problème bien connu. Ce produit doit être injecté
dans une zone à forte turbulence.
- problème
de corrosion?
L'injection d'eau de javel avec un résiduel de 2 à 3 mg/l
de chlore libre, conformément aux recommandations des circulaires,
multiplie souvent la vitesse de corrosion par 5 en absence d'un inhibiteur
de la corrosion adapté et par 2 à 3 en présence d'inhibiteur
dans les réseaux d'eau chaude sanitaire.
Il n'est pas rare de mesurer, une corrosion avec un système électrique
de 200 µm par an et dans certains cas de 500 µm par an.
La chloration est probablement la technique générant le
plus de corrosion pour les installations en acier, acier galvanisé,
cuivre, ...
Mise à jour juillet 2001- Révision 1-
copyright IRH Environnement et Jean-Louis ROUBATY 2001
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