
| |
Ce
site est enregistré à la CNIL sous le n° de dossier : 750366 |

| |

La
maladie expliquée autrement grâce à vos témoignages
|
| |

Toutes
les associations et organismes oeuvrant pour une meilleure diffusion de
l'information peuvent disposer gratuitement d'une page dans le site Legionellose.com
|

| |

Codina,
Huiles Cosmétiques Naturelles
|
|
 |
Introduction à la contamination des
circuits d'eau
Contexte
Le présent document a pour objet de préciser les mesures
préventives qui peuvent être prises pour réduire les
risques de la maladie du Légionnaire.
Ce guide précise l'écologie de Legionella dans un
environnement hydrique, et les méthodes de contrôles utilisées.
Il fournit des informations, des conseils de conception, de fonctionnement
et d'entretien nécessaires pour minimiser les risques de contamination
des circuits d'eau et systèmes, tels que les tours aéroréfrigérantes
ou les réseaux de distribution d'eau chaude/froide.
Actuellement des procédures de décontaminations et
de nettoyage sont pratiquées par les principaux pays sensibilisés
par la maladie. Le document en fait la synthèse et il a aussi pour
but d'éviter de réinventer des pratiques connues et acceptées
dans le monde et de dépenser de l'argent dans des choix techniques
inefficaces ou obsolètes.
Application
Ce document est destiné aux propriétaires et exploitants
d'installations publiques et privées qui comportent des systèmes
ou équipements particuliers susceptibles de favoriser la croissance
de Legionella :
- Eau chaude sanitaire (l'eau
chaude distribuée de manière collective pour une utilisation
sanitaire (douches,..)
- Circuits de climatisation. La contamination
avec de type d'équipement est faible en France et l'analyse
technique en sera peu développée,
- Circuits de refroidissement
avec des tours aéroréfrigérantes. La contamination
est potentiellement forte et cette partie sera développée
de manière significative.
Il ne s'agit pas d'une analyse "médicale" du risque
lié à Legionella pneumophila mais plus d'une synthèse
technique ayant pour but de comprendre par exemple:
- pourquoi la legionelle s'installe dans un réseau d'eau chaude
sanitaire et pas dans un autre,
- pourquoi de nombreuses chorations échouent,
- pourquoi, alors que l'eau est à moins de 25 °C, l'on a un
problème avec la legionelle,
- pourquoi le risque légionelle peut apparaître dans un réseau
d'eau potable.
De nombreux pays ont signalé les débuts de la maladie du
Légionnaire et ils ont mis en place très tôt des moyens
de prévention et d'éradication de ces germes pathogènes.
Très rapidement, il a été acté par les principaux
spécialistes mondiaux, que les risques épidémiologiques
ne pouvaient diminuer significativement, que si des procédures,
telles que celles décrites dans le présent document, étaient
appliquées.
Rappels
sur certains aspects médicaux
Historique de la contamination
Des délégués, ayant assistés à la 58ième
convention annuelle des anciens combattants de l'American Legion à
Philadelphie aux USA courant juillet 1976, ont déclaré une
grave maladie respiratoire.
Six mois après, il a été identifié la bactérie
responsable nommée Legionnella pneumophila. La maladie est ainsi
appelée depuis Maladie du Légionnaire.
Depuis cette période l'on rencontre, en France, les formes sporadiques
et épidémiques de la maladie. Des cas sporadiques ont aussi
été signalés un peu partout dans le monde (Royaume
Uni, USA, Australie, Allemagne).
Bien que des personnes bien portantes puisent contracter la maladie, le
risque augmente pour les malades cancéreux sous-traitement ou pour
des patients immunodépressés ayant subit une transplantation
rénale.
Les autres facteurs de
risques sont les suivants :
le tabagisme,
l'alcoolisme,
le diabète,
les affections respiratoires chroniques,
l'âge du patient, les risques augmentent en effet avec l'âge
dès 50/55 ans
le sexe du patient. Le sexe masculin est touché en majorité.
En France, les investigations épidémiologiques n'ont pas
établi, dans la majorité des cas, les sources de la contamination.
Cependant dans quelques cas, les tours aéroréfrigérantes
et les réseaux de distribution des eaux ont été identifiés
comme étant des sources potentielles. Une étude menée
par le médecin d'EDF, lors d'un colloque du CSTB (décembre
1999) fait le point sur cette question.
Le document qui suit provient de la communication de J.M. HODGSON et B.J.
CASEY et il analyse une enquête menée aux USA.

La transmission de la maladie
s'effectue par inhalation d'eau contaminée, diffusée en
aérosols. Il n'y a pas de transmissions inter humaines rapportées.
L'infection n'est pas provoquée par l'ingestion d'eau contaminée
par la Legionnella.
La Legionella est une bactérie aérobie. Ceci
veut dire qu'elle a besoin d'oxygène pour vivre.
Elle a été identifiée dans de nombreux milieux (lacs,
étangs rivières, réseaux d'eau potable, forages,
circuits de refroidissement) et l'on peut dire que cette famille de bactéries
se retrouve tout autour de nous au quotidien.
Des expériences en laboratoire ont montré que la bactérie
survivait à des pH aussi bas que 2 (ceci est déjà
fortement acide), et à une température de 55 °C.
La température optimale de développement se situe vers les
40 °C.
un autre document provenant de l'étude de Hodgson et Casey (d'après
G.W. BRUNDRETT) montre de manière simple la résistance à
la température de Legionella pneumophila :
Cette destruction à plus
de 50 °C de Legionella est exploitée en désinfection par le traitement
thermique des réseaux. En général, les cellules ont une dimension
totale (longueur) de 1 à 3 µm pour un diamètre de l'ordre de 0,5 - 1 µm.

document CDC Atlanta
La croissance de ce microorganisme
est beaucoup plus lente que la plupart des bactéries identifiées
dans les eaux de surface et il a besoin pour se développer de nutriments
et de minéraux.
Ainsi deux produits jouent un rôle majeur dans la croissance
de cette bactérie:
- Un acide aminé appelé
L-Cystéine,
- Le fer (fer ferreux Fe++
ou ferrique Fe+++) provenant de l'eau ou provenant de la corrosion
des équipements.
Des études en laboratoire et des contaminations récentes
en France ont montrés que de nombreuses espèces de Legionella
se développaient de manière intracellulaire dans des protozoaires
comme les amibes.
Le cliché qui suit montre une bactérie du Légionnaire
en présence d'une amibe :

d'après un document CDC Atlanta
En complément au
couple Legionella-protozoaire les algues et les autres espèces
de bactéries jouent un rôle majeur.
Ainsi les algues stimulent la croissance de la Legionella en lui fournissant
certaines substances.
Il en est de même des autres bactéries source pour la Legionella
de L-Cystéine.
Par ailleurs la bactérie va trouver refuge dans un dépôt
associant d'autres bactéries, des polymères naturels, des
sels minéraux et appelé biofilm.
La figure suivante décrit de manière simplifiée la
formation du biofilm.

Le biofilm
fait l'objet d'une page spécifique.
Le groupe de travail européen sur la mesure des biomasses fixées
(coordinateur Professeur Y. LEVI Faculté de Pharmacie Université
de Paris XI Laboratoire " Santé Publique Environnement "
92 Chatenay-Malabry) regroupe de nombreux spécialistes universitaires
et d'exploitants publics et privés français, espagnols et
allemands.
Le numéro 11 (1999) de la revue TSM publie plusieurs articles du
groupe de travail et le présent paragraphe s'inspire longuement
de ces travaux.
Comme le signal Y . LEVI, " les biomasses colonisent les réseaux
intérieurs des hôpitaux, des grands immeubles, des avions,
des stations thermales et sont à l'origine de proliférations
bactériennes pouvant induire des pathologies surtout vis à
vis de populations fragilisées ".
" Elles consomment le chlore résiduel dans les canalisations
et peuvent induire des contaminations de l'eau en provoquant des dépassements
de normes. Elles peuvent aussi protéger de l'action du chlore,
des micro-organismes introduits accidentellement dans les canalisations
".
Selon COSTERTON et coll.
(Microbiol. biofilms, Ann. Rev. Microbiol, 49, 711-745, 1995) et repris
par Y. LEVI (TSM, 11 34-37 1999) il faut pour que le biofilm s'installe,
survive et se développe :
- Un " support acceptable "
. Quasiment tous les matériaux classiques utilisés dans
les réseaux d'eau chaude sanitaire (ECS), l'eau potable et
les circuits d'eau industrielle sont dans ce cas.
Le guide abordera ce volet de manière
détaillée dans le chapitre concernant les stratégies
de lutte contre la Legionella.
- Des " conditions physico-chimiques
acceptables ". Elles existent souvent dans ce type de circuit.
Le rôle MAJEUR du comportement hydraulique de l'eau est fondamental
avec:
un écoulement turbulent
ou non. La connaissance des critères classiques d'appréciation
des modes d'écoulement de l'eau est fondamental (nombre
de Reynolds..)
l'existence d'une couche limite
dans les canalisations importante ou non (la fameuse boundary
layer des anglo-saxons..),
- Des éléments nutritifs,
dans l'eau, la légionelle demande plus particulièrement
de la L. Cystéine et du fer. Le fer pourra provenir d'une eau
naturellement ferrugineuse ou de la corrosion.
Les traitements biocides (chlore, ozone) corrodent les matériaux.
Ainsi il y aura toujours de petites quantités de fer libéré
dans l'eau.
La L. cystéine proviendra d'autres micro-organismes susceptibles
de synthétiser cet acide aminé.
- L'absence de biocide.
haut
de page
L'on pourra aussi y associer la présence
de sédiments formant des dépôts. Ceux-ci comme supports
favorisent la formation du biofilm.
Les autres éléments nutritifs (matières organiques
que l'on peut mesurer avec la concentration du carbone organique dissous
bio éliminable, manganèse,
) jouent un rôle important.
La publication de Y. LEVI met aussi l'accent sur les performances limitées
du chlore contre le biofilm.
En effet le chlore est consommé par les matières organiques
dissoutes et le pH relativement élevé de l'eau (situation
que l'on rencontre dans les réseaux d'eaux chaudes et les tours
de refroidissement, avec très souvent, suite au départ de
gaz carbonique, un pH de l'ordre de 7,7-8), perturbe fortement la chloration,
et la corrosion.
Il en est de même pour l'hydraulique (stagnation de l'eau dans certaines
branches du réseau)
Il y a à ce jour environ 30 espèces reconnues de Legionella
et ce nombre évolue régulièrement.
Parmi celles-ci, 11, à ce jour, ont été identifiées
comme susceptibles de contaminer l'homme.
L'espèce Legionella pneumophila, l'une de ces 11 espèces
dangereuses est responsable, au niveau mondial, d'environ 85 % des cas
identifiés de légionellose.
La même espèce peut aussi bien conduire à la forme
pneumonie qu'à la fièvre de Pontiac sans que cela soit bien
expliqué.
Chaque espèce de Legionella est divisée en sous catégories
appelées sérogroupes.
Le tableau qui suit donne, pour les 11 espèces identifiées
comme dangereuses à ce jour le nombre de sérogroupes connus:
|
Espèces impliquées dans des maladies chez l'homme
|
Nombre de sérogroupes
|
| L.pneumophila |
14 au minimum |
| L.bozemanii |
1 |
| L.dumoffii |
1 |
| L.micdadei |
1 |
| L.longbeachae |
2 |
| L.jordanis |
1 |
| L.oakridgensis |
1 |
| L.wadsworthii |
1 |
| L.feeleii |
2 |
| L.hackeliae |
2 |
| L.maceachernii |
1 |
Pour Legionella pneumophila,
les sérogroupes 1 et 6 sont considérés comme les
plus dangereux.
En utilisant des techniques biologiques évoluées l'on peut
encore diviser les sérogroupes.
Ainsi pour Legionella pneumophila, ces techniques ont mis en évidence
plus de 60 variations génétiques du seul sérogroupe
1.
Vouloir ainsi contrôler sélectivement tel ou tel sérogroupe,
ou même Legionella pneumophila, relève de l'utopie.
La seule présence dans l'eau de Legionella montre qu'il y a un
risque. La recherche de l'espèce n'apporte pas grand chose dans
la politique de lutte contre le risque associé aux bactéries.
haut
de page
Mise
à jour juillet 2001- Révision 1-
copyright IRH Environnement et Jean-Louis ROUBATY 2001
|
 |
 |