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Document
du ministère de l'environnement: projet d'avenant à l'arrêté préfectoral
intégrant le risque Legionella
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LA MINISTRE DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L'ENVIRONNEMENT
Objet : Installations classées pour la protection
de l'environnement. |
Pour la Ministre et par délégation,
le directeur de la prévention,
des pollutions et des risques,
délégués aux risques majeursPhilippe VESSERON
Epidémie communautaire de légionellose
à Paris en juin et juillet 1998
Bénédicte Decludt, Benoit Van Gastel, Laëtitia Guillotin,
Anne Perrocheau, Isabelle Capek, Colette Gaulin, Catherine Patris, Martine
Ledrans, Sylvie Dubrou, Damien Carlier, O. Challemel, Sophie Jarraud,
Monique Reyrolle, Jérome Etienne, Jean-claude Desenclos.
Réseau National de Santé Publique . Unité Maladies Infectieuses Saint-Maurice. Direction des Affaires Sanitaires et Sociales Paris : Laboratoire d'Hygiène de la ville de Paris : Centre National de Référence des Legionella LYON.
Introduction
Du 29 juin au 1er juillet, 4 cas de legionellose ont été
signalés par le système de la déclaration obligatoire
et par le réseau européen de surveillance des legionelloses
chez des sujets britanniques ayant séjourné à Paris
dans les 10 jours précédant le début de la maladie.
Une enquête épidémiologique, environnementale et micro
biologique a été initiée afin d'identifier une source
commune de contamination, telle qu'un panache émis par une tour
aérofrigérante (TAR) et proposer des mesures de contrôle.
Méthodes
Un cas a été défini par la survenue d'une pneumonie
en juin ou juillet chez un sujet ayant séjourné à
Paris, 10 jours avant le début de la maladie avec au moins : un
isolement de Legionella spp. dans un prélèvement clinique,
une immunofluorescence directe positive, une augmentation du titre d'anticorps,
la présence d'antigènes soluble urinaire ( cas confirmé
) ou un titre d'anticorps élevé (cas possible). Les cas
nosocomiaux ont été exclus. Une enquête cas témoins
a été réalisée chez les français ayant
séjourné à Paris en juin ( 3 témoins par cas
appariés sur l'âge, le sexe et le département de résidence
). Les installations soumises à déclaration ou autorisation
préfectorale pouvant comporter une TAR et situées dans la
zone fréquentée par les patients (39 sites) ont fait l'objet
d'une enquête environnementale en considérant à risque
les systèmes humides et pouvant émettre un panache (système
ouvert). Parmi ces 39 sites, 7 ont été considérés
comme suspects (3 sites ayant présentés des dysfonctionnements
dont 1 avec des prélèvements positifs à
L. pneumophila avant l'épidémie et 4 sites ayant une situation
proche des lieux fréquentés par les patients) et ont fait
l'objet d'une enquête de terrain avec prélèvements.
Un hôtel fréquenté par 2 malades a fait l'objet d'une
inspection environnementale et de prélèvements d'eau.
Résultats
Vingt cas dont 19 confirmés ont été identifiés
(11 français et 9 touristes européens), moyenne d'âge
51 ans (29 à 77 ans). Quatre patients (20%) sont décédés.
Plus de la moitié des cas sont survenus entre le 15 et le 21 juin.
Les 6 souches des pneumophila sérogroupe 1 isolées chez
des malades avaient le même pulsotope. Seize des 19 malades (84%)
pour lesquels l'information est disponible étaient passés
dans 4 arrondissements contigus situés au nord de la seine. L'enquête
cas témoins (8 cas et 24 témoins) indique une association
entre la maladie et la fréquentation de l'un de ces 4 arrondissements
(2e, 8e, 9e et10e), OR= 15, (IC à 95% : 1,3-166.9). Aucun équipement
à risque de générer un aérosol n'a été
retrouvé dans l'hôtel et la souche de L.pneumophila qui a
été détectée dans un ballon d'eau chaude n'appartenait
pas au sérogroupe 1. Parmi les 7 sites de TAR inspectés,
6 étaient contaminés par L.pneumophila (300 à 2.106
UFC/L) dont 3 par L.pneumophila sérogroupe 1 (2.104 à 106
UFC/L). Dans un de ces 3 sites la source avait un pulsotype identique
à celui des 6 souches cliniques.
Conclusion
La dissémination d'aérosols contaminés à partir
d'une TAR est la surce la plus probable de cette épidémie
sans que l'on puisse affirmer qu'elle en soit l'unique. Elle souligne
l'intérêt de la déclaration obligatoire de tout cas
de legionellose, de l'enquête environnementale et de l'envoi des
souches au CNR. La contamination générale des sites visités
souligne l'importance de la demande de désinfection préventive
des TAR du sevteur formulée dès le 6 août. L'élaboration
de normes sur la conception, le fonctionnement, l'entretien et le contrôle
des TAR est nécessaire.
Session Investigations et Etudes - (Décembre 1998)
PROJET D'ARRETE PREFECTORAL
Vu la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement,
Vu le décret n°77-1133 du 21 septembre 1977 pris pour application
de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement,
Définition - Généralités
Article 1 :
Les dispositifs à refroidissement par pulvérisation d'eau
dans un flux d'air sont soumis aux obligations définies par le
présent arrêté en vue de prévenir l'émission
d'eau contaminée par legionella.
Article 2 :
Sont considérés comme faisant partie du système de
refroidissement au sens du présent arrêté : les circuits
d'eau en contact avec l'air et l'ensemble évaporatif qui leur est
lié.
Dans le présent arrêté, le mot exploitant désigne
l'exploitant au sens de la loi du 19 juillet 1976 susvisée.
Entretien et maintenance
Article 3 :
L'exploitant devra maintenir en bon état de surface, propre et
lisse, et exempt de tout dépôt le garnissage et les parties
périphériques en contact avec l'eau (et notamment les séparateurs
de gouttelettes, caissons
) pendant toute la durée de fonctionnement
du système de refroidissement.
Article 4 :
Avant la remise en service du système de refroidissement intervenant
après un arrêt prolongé, et en tout état de
cause au moins une fois par an, l'exploitant procèdera à
:
- une vidange complète des circuits d'eau destinée à
être pulvérisée ainsi que des circuits d'eau d'appoint
;
- un nettoyage mécanique et/ou chimique des circuits d'eau, des
garnissages et des parties périphériques
- une désinfection par un produit dont l'efficacité vis-à-vis
de l'élimination des legionella a été reconnue, tel
que le chlore ou tout autre désinfectant présentant des
garanties équivalentes.
Cette désinfection s'appliquera, le cas échéant,
à tout poste de traitement d'eau situé en amont de l'alimentation
en eau du système de refroidissement.
Lors des opérations de vidange des circuits, les eaux résiduaires
seront soit rejetées à l'égout soit récupérées
et éliminées dans un centre de traitement des déchets
dûment autorisé à cet effet au titre de la législation
des installations classées. Les rejets à l'égout
ne devront pas nuire à la sécurité des personnes
ni à la conservation des ouvrages.
Si l'exploitant justifie d'une impossibilité technique à
respecter les dispositions de l'article 4-1, il devra mettre en uvre
un traitement efficace contre la prolifération des legionella,
validé in situ par des analyses d'eau pour recherche de legionella,
dont une au moins interviendra sur la période de mai à octobre.
Article 5 :
Sans préjudice des dispositions du Code du travail, l'exploitant
mettra à disposition des personnels intervenant à l'intérieur
ou à proximité du système des refroidissement et
susceptibles d'être exposés par voie respiratoire aux aérosols
des équipements individuels de protection adaptés (masque
pour aérosols biologiques, gants
), destiné à
les protéger contre l'exposition :
- aux produits chimiques ;
- aux aérosols d'eau susceptibles de contenir des germes pathogènes.
Un panneau devra signaler le port de masque obligatoire.
Article 6 :
L'exploitant reportera toute intervention réalisée sur le
système de refroidissement dans un livret d'entretien qui mentionnera
:
- les volumes d'eau consommée mensuellement ;
- les périodes de fonctionnement et arrêt ;
- les opérations de vidange, nettoyage et désinfection (dates/nature
des opérations/identification des intervenants/nature et concentration
des produits de traitement) ;
- les analyses liées à la gestion des installations (température,
conductivité, pH, TH, TAC, chlorures, concentration en legionella,
).
Les plans des installations, comprenant notamment le schéma à
jouir des circuits de refroidissement, devront être annexés
au livret d'entretien.
Le livret d'entretien sera tenu à la disposition de l'inspecteur
des installations classées.
Article 8 :
L'inspecteur des installations classées pourra à tout moment
demander à l'exploitant d'effectuer des prélèvements
et analyses en vue d'apprécier l'efficacité de l'entretien
et de la maintenance des circuits d'eau liés au fonctionnement
du système de refroidissement.
Ces prélèvements et analyses micro biologiques et physico-chimiques
seront réalisés par un laboratoire qualifié dont
le choix sera soumis à l'avis de l'inspection des installations
classées.
Les frais des prélèvements et des analyses seront supportés
par l'exploitant.
Les résultats d'analyses seront adressés sans délai
à l'inspection des installations classées.
Article 9 :
Si les résultats d'analyses réalisés en application
de l'article 4-2, de l'article 7 ou de l'article 8 mettent en évidence
une concentration en legionella supérieure à 105 unités
formant colonies par litre d'eau, l'exploitant devra immédiatement
stopper le fonctionnement du système de refroidissement. Sa remise
en service sera conditionnée au respect des dispositions de l'article
4-1.
Si les résultats d'analyses réalisées en application
de l'article 4-2, de l'article 7 ou de l'article 8 mettent en évidence
une concentration en legionella comprise entre 103 et 105 unités
formant colonies par litre d'eau, l'exploitant fera réaliser un
nouveau contrôle de la concentration en legionella un mois après
le premier prélèvement. Le contrôle mensuel sera renouvelé
tant que cette concentration restera comprise entre ces deux valeurs.
Conception et implantation des nouveaux systèmes de refroidissement
Article 10 :
L'alimentation en eau d'appoint de chaque système de refroidissement
répondra aux règles de l'art et sera dotée d'un compteur.
Le circuit d'alimentation en eau du système de refroidissement
sera équipé d'un ensemble de protection par disconnection
situé en amont de tout traitement d'eau de l'alimentation.
Article11 :
Les rejets d'aérosols ne seront situés ni au droit d'une
prise d'air, ni au droit d'ouvrants.
Les points de rejet seront en outre disposés de façon à
éviter le siphonnage de l'air chargé de gouttelettes dans
les conduits de ventilation d'immeubles avoisinants ou les cours intérieures.

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